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L’AGORAé

 

ÉMERGENCE DU PROJET

La précarité étudiante n’est plus un sujet qui prête à controverse. En effet, un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales relève qu’entre 2011 et 2012 le taux de pauvreté des étudiant.e.s a augmenté. Ce dernier est passé de 18.9% à 19.1%. Cette hausse peut sembler anecdotique, néanmoins, il faut remarquer que seuls les étudiant.e.s, les familles monoparentales et les mineur.e.s voient leur taux de pauvreté augmenter.

De surcroît, la dernière enquête de l’OVE – Observatoire de la VieEtudiante – (février 2017) met en lumière que 23% des étudiant.e.s estiment connaître des difficultés financières importantes ou très importantes. De plus, 36% des étudiant.e.s d’origine populaire déclarent ne pas avoir assez d’argent pour couvrir leurs besoins.

Afin de faire face, les budgets alimentations et santé sont les premiers à être sacrifiés par les étudiant.e.s. Ainsi, selon l’OVE, en 2016, 13% des étudiant.e.s déclarent avoir déjà renoncé à voir un médecin pour des raisons financières.

Face à cette situation, le recours au salariat se banalise. En effet, selon l’OVE, en 2016, 46% des étudiant.e.s déclarent exercer une activité rémunérée pendant l’année universitaire. Parmi eux, 13% exercent une activité très concurrente des études (activités non liées aux études, exercées plus d’un mi-temps et plus de six mois par an). Ils estiment d’ailleurs que cette activité a un impact négatif sur leurs résultats d’études. Quel que soit le type d’activité rémunérée, celle-ci est citée comme étant “source de stress et de tension nerveuse” par 34% de l’ensemble des étudiant.e.s salarié.e.s. De surcroît, il est acquis qu’un emploi exercé plus de 15h par semaine fait chuter le taux de réussite des étudiant.e.s et aggrave donc la situation de précarité à laquelle ils font déjà face.

Le constat est donc simple : une part non négligeable d’étudiant.e.s doit mettre leurs études de côté afin de subvenir à leurs besoins. Or, un.e étudiant.e salarié.e est un.e étudiant.e qui ne se consacre pas pleinement à son apprentissage et qui dispose de moins de libertés d’accès à la culture, aux loisirs et à l’engagement bénévole.

 

UNE RÉPONSE INNOVANTE : L’AGORAé

Partant de ce constat alarmant de précarité grandissante et d’augmentation des difficultés financières des étudiant.e.s, la FAGE et l’AGEMP ont décidé de s’investir et de porter le projet AGORAé pour apporter un début de solution durable et pour l’amélioration des conditions de vie des étudiant.e.s toulousain.e.s.

A l’instar des premiers restaurants universitaires, initiatives des associations étudiantes reprises par l’État, cette idée d’épicerie sociale et solidaire gérée par des étudiant.e.s à destination d’étudiant.e.s est née d’une urgence. En effet, aider les étudiant.e.s à consacrer plus de temps aux apprentissages liés aux études est aujourd’hui une priorité que nous défendons.

Il s’agit en effet d’une part d’une épicerie solidaire accessible sur critères sociaux : les étudiant.e.s peuvent y trouver des produits alimentaires, d’entretien ou encore des fournitures scolaires à des prix très réduits (entre 10 et 30% par rapport au prix pratiqués dans les commerces classiques) et d’autre part d’un lieu de vie ouvert à tou.te.s : des activités y sont notamment organisées.

Complémentaire aux solutions existantes, le dispositif AGORAé a plusieurs objectifs : permettre à l’étudiant.e de dégager plus de temps pour ses études, ses loisirs et ses projets, en réduisant le salariat subi, accéder à une alimentation saine et équilibrée qui correspond réellement à son budget

Favoriser la création de lien social, la mixité et les échanges, entre étudiant.e.s et avec les acteurs de l’animation de la vie toulousaine. Répondre à tous types de problématiques des étudiant.e.s ou savoir les orienter pour obtenir les réponses aux questions qu’ils se posent (accès aux droits, conseils dans la vie quotidienne, insertion professionnelle et sociale, accès aux soins, accompagnement aux projets associatifs…).

En dehors de l’aide alimentaire, c’est aussi l’occasion pour les étudiant.e.s de rencontrer des assistants de service social, des élu.e.s étudiant.e.s lors de permanence. C’est également le lieu idéal pour prendre part à des projets culturels, festifs ou solidaires.

L’AGORAé est ainsi une réponse à ce double constat : l’effet négatif du salariat étudiant et l’isolement des étudiant.e.s (et plus particulièrement de ceux en situation de grande précarité).

 

 

LES AGORAé DÉJÀ EN ACTIVITÉ

La première AGORAé a été ouverte à Lyon en octobre 2011 et la quatorzième a ouvert ses portes en septembre 2016 à Paris. Par ailleurs, plus de 15 projets d’AGORAé portés par les fédérations territoriales locales et la FAGE sont en cours partout en France.